The Council est un jeu narratif développé par les bordelais de Big Bad Wolf (faudrait que j’aille les voir un jour, moyen de gratter un café p’têt), avec notamment à l’écriture Thomas Veauclin, enfin si j’en crois “Ecrire un scénario interactif“. Composé de cinq épisodes sortis en format épisodique à partir de mars 2018, The Council nous fait revêtir les beaux atours de Louis de Richet, un fringuant jeune frenchie invité sur une île par un mystérieux personnage. Pour un synopsis plus détaillé, je vous renvoie à la fiche du jeu sur Steam :

The Council se déroule en 1793. Vous êtes Louis de Richet, membre d’une société secrète que l’énigmatique Lord Mortimer vient d’inviter dans son domaine, sur une petite île isolée au large de l’Angleterre. Vous y rejoignez les autres invités de votre mystérieux hôte, incluant certains grands noms tels que Napoléon Bonaparte, ou encore le premier Président d’une nouvelle grande puissance mondiale, George Washington. La nature étrange de cette réception privée dépasse le simple caractère de ses invités prestigieux : votre mère, Madame de Richet, a elle-même récemment disparu sur cette île… et chacun des personnages semble cacher de lourds secrets.

Avouez que ça donne envie : une île mystérieuse, des secrets, des grands noms d’époque, des mecs style illuminatis… Et il faut avouer que sur ce terrain-là, c’est vraiment réussi, j’ai bien pris mon pied, voire les deux à la fois. De toute façon, les critiques globalement élogieuses sur The Council ont dû vous mettre la puce à l’oreille sur la qualité d’ensemble du titre.

C’est justement parce que The Council est de la bonne came que je ne peux m’empêcher de trembler de frustration devant les principaux écueils du titre : une seconde partie un peu bâclée et une fin qui retombe à plat comme un vieux pneu crevé. Doux Jésus, encore un peu et on tenait presque le Saint-Graal. En parcourant le oueb à droite et à gauche, j’ai cru comprendre que je n’étais pas le seul à ressentir la même chose, et si vous avez lu les précédentes critiques dramaturgiques, vous savez que les impressions sont importantes lorsqu’on évalue une oeuvre.

Vous connaissez la musique, on cherchera dans ce billet à expliquer pourquoi la seconde partie du jeu est en berne, et comme d’hab, j’essaierai de proposer quelques solutions pour y remédier.

Au menu d’aujourd’hui :

  1. Résumé des épisodes de The Council
    1. Episode 01
    2. Episode 02
    3. Episode 03
    4. Episode 04
    5. Episode 05
  2. Nœuds dramatiques
  3. Le bon grain de l’ivraie
  4. Pourquoi ça merde aux épisodes 04 et 05 ?
  5. Quoi qu’on peut faire ?

Résumé des épisodes de The Council

Au contraire des récits de Firewatch et de The Long Dark qui étaient très linéaires, les mécanismes du récit de The Council s’articulent autour d’un diptyque choix > conséquences, et pour une fois, c’est pas des promesses en l’air. Même s’il n’est pas possible de dévier de la trame principale (on en est pas encore là, p’têt un jour), les choix sont suffisamment nombreux et variés pour créer de belles différences de parcours entre les joueurs.

Du coup, conséquence logique de tout ça : j’vais pas pouvoir vous faire une synthèse exhaustive du scénar’ de The Council, c’est pas possible, ou alors il faudrait que je fasse un gros pavé dégueulasse en décrivant tous les choix et leurs conséquences et, je me dois de le confesser, j’ai un peu la flemme.

Je vais donc me contenter de vous exposer les principaux nœuds dramatiques du récit, c’est suffisant et ça ira très bien pour que vous pigiez le pourquoi du comment.

Résumé de l’épisode 01 – The Council

The Council débute par un court flashback où Louis de Richet et sa mère Sarah sont aux prises avec un vilain malotrus appelé Von Borchert. Le type, peu commode, a ligoté Louis et Sarah et les interroge à grands coups de baffe dans la gueule sur un mystérieux bouquin qu’on lui aurait volé. Fort heureusement, nos héros parviennent à se libérer et à neutraliser Borchert.

Un mois plus tard, Louis débarque sur l’île de Lord Mortimer, au large des côtes de la perfide albion. On apprend rapidement que si Louis traîne ses guêtres sur cette île, ce n’est pas juste pour faire un brin de tourisme en Angleterre : Mortimer l’a prévenu que sa mère, venue ici pour un colloque, a mystérieusement disparue dans la nature et l’a donc invité pour faire toute la lumière sur cette affaire. En arrivant sur le débarcadère, Louis rencontre le cardinal Giuseppe Piaggi ainsi que la duchesse Emily Hillsborrow, échange quelques banalités mondaines, puis fait un bad-trip halluciné où il voit sa mère tirer sur la duchesse. Pour l’instant, on n’en saura pas plus. Lots of speculation from everyone.

Quelques péripéties plus loin, Louis arrive au manoir, rencontre George Washington himself, puis sir Gregory Holm, un bon pote de Mortimer. Nouvel échange de mondanités, on se questionne, on se jauge, Washington blêmit quand Holm parle d’une certaine Elisabeth Adams, laquelle se repose dans sa chambre ; en tout cas, tous les invités ne sont pas encore arrivés, Mortimer quant à lui est super occupé, donc son colloque ne peut pas commencer immédiatement. Tant de bavardages ont épuisé Louis, qui va se pieuter. Et hop ! Nouveau trip halluciné (ou alors est-ce un rêve ? Mystère mystère) où Louis assiste à une conversation entre Holm et un type mystérieux. Notre jeune héros en culottes courtes se réveille en pissant du nez ; ça tombe bien, quelqu’un frappe à la porte. C’est Washington, qui lui demande de l’aide : il lui explique qu’Adams est censée être morte, il était là, il a tout vu, il était à son enterrement, du coup il a besoin que Louis l’occupe en bas pendant qu’il fouille sa chambre afin d’en savoir davantage sur cette impossibilité extraordinaire. Louis y va (enfin ça dépend du choix que vous faites, j’vous l’avais dit), et rencontre Adams aux prises avec un saligaud nazi anti-féministe (bon, en fait, il s’agit de Jacques Péru, un juge du tribunal révolutionnaire). Adams profite de l’intervention de Louis pour s’enfuir, et notre jeune ami, tel un SJW néo-moderne, corrige le vil hétéronormatif au terme d’un dialogue d’anthologie.

Le lendemain, Louis se réveille et se met en quête de sa mère. Il a une petite conversation avec Adams, qui dit connaître sa mère, et lui confie que c’est une sacrée salope qui a bousillé son enfance en essayant sur elle tout un tas de rituels dégueux. Louis en reste pantois, mais il n’aura pas le temps de creuser davantage la question puisque c’est l’heure de bouffer, et sur l’île de Lord Mortimer, on rigole pas avec la bouffe. Louis rencontre deux nouveaux personnages au cours du déjeuner : Von Wöllner, ministre de Frédéric Guillaume II de Prusse, et rien moins que le meilleur des corses de tous les temps, Napoléon Bonaparte. Nap-Nap prend Louis à part et lui explique qu’il avait une affaire en cours avec sa maman ; il veut savoir si, malgré sa disparition, Louis sera capable d’honorer leur accord. Of course, répond Louis en jouant de la clarinette, car il n’a d’abord aucune putain d’idée de quoi parle le futur empereur.

Après le déjeuner, Louis se remet en quête de sa génitrice. Après investigation, il finit par dénicher un passage menant vers une pièce secrète et tombe nez à nez avec… La duchesse, qui est aussi à la recherche de quelqu’un ! Comme ça tombe bien ! Sa sœur jumelle a disparu sur cette île et Louis commence à piger que sa première vision opposait sa mère à la jumelle, et non à la duchesse.

Il est tard, Louis est crevé par sa folle journée. Il remonte se coucher en compagnie de la duchesse et rencontre Adams sur le chemin de sa chambre, à moitié à poil. Elle lui explique qu’il faut qu’elle lui parle d’un truc méga super urgent. Mais Louis s’en carre complètement et part tripoter Emily dans sa chambre (le traitement de ce personnage commence bien, on peut direct coucher avec, et comme je suis un homme complaisant, j’ai évidemment opté pour ce choix). Le lendemain matin, l’épisode s’achève sur la rencontre (enfin) de Louis avec Mortimer. Suspense, suspense.

Résumé de l’épisode 02 – The Council

Cet épisode s’ouvre par l’entrevue de Louis avec Mortimer, toutefois la rencontre commence mal : Adams s’est fait assassiner cette nuit. La scène diffère selon que l’on a tripoté la duchesse ou que l’on est parti écouter les élucubrations d’Adams : dans le premier cas, Mortimer demande à Louis d’enquêter immédiatement pour trouver le meurtrier, dans le second cas, Louis doit d’abord convaincre Mortimer qu’il n’a rien à voir dans cet horrible meurtre satanique. De toute façon, dans les deux cas, il faut enquêter ; Louis est un honnête gentilhomme et enquête donc promptement à travers le manoir.

Après cet interlude, Louis retourne voir Mortimer pour lui livrer (ou pas) ses conclusions quant au meurtrier présumé. Mortimer aborde ensuite le sujet de Sarah et demande à Louis de la remplacer pour le colloque. Notre jeune ami ouvre des yeux ronds de stupeur : keûûûman ? Mais il n’est pas taillé pour ça ! Qu’importe, papy Mortimer insiste, alors Louis accepte.

En attendant, Louis reprend son enquête sur sa manman. Il fouille sa chambre, tombe nez à nez avec une énigme velue à base de versets dans la Bible et déniche un message codé parlant d’un endroit appelé “Le Cauchemar”. De quoi s’agit-il ? Quoi qu’est-ce ? Louis n’a pas le temps d’en savoir plus puisqu’une clochette résonne et qu’il doit rejoindre les autres invités.

Louis rencontre ici un nouveau personnage, Manuel Godoy, un fier espagnol aussi influent que sanguin. Godoy hurle ses quatre vérités à Péru : le tribunal révolutionnaire vient de guillotiner ce pauvre Louis XVI, et c’est pas gentil du tout. Stupeur parmi les invités. Mortimer calme le jeu et déclare que tout le monde étant désormais présent, le colloque va enfin pouvoir commencer. En attendant de préparer la salle et de savoir pourquoi ils ont tous été réunis, Mortimer invite notre fière assemblée à faire connaissance, ce que Louis s’empresse de faire, à commencer par Wöllner, avec qui sa mère aurait passé un accord : apparemment, elle aurait voulu lui vendre un livre (le fameux bouquin dont il est question au début), mais Louis ignore la nature de ce marché et fait donc causer notre amateur d’ésotérisme.

Après ces révélations incroyables, et vu qu’il a du temps à tuer, Louis se remet à la recherche de sa mère, et plus précisément à la recherche du fameux “Cauchemar”. Ce lieu n’est pas juste une métaphore puisqu’il s’agit du grand tableau accroché derrière le bureau de Mortimer : Louis déclenche un mécanisme et ouvre un passage secret. A l’intérieur, notre apprenti enquêteur tombe sur un vaste bureau mystérieux où Mortimer semble dissimuler bien des secrets inavouables, à commencer par une cravache paillette et des froufrous rose une correspondance du monde entier où il est question de manipulations et de gouvernements renversés, et qui tend donc à indiquer que le vieux croûton est pire qu’un franc-maçon-juif-reptilien-illuminati. Louis trouve quand même un indice laissé par sa mère (sous la forme d’une épée) et part gambader dans les jardins du manoir pour la suite de l’énigme.

Louis déniche un nouveau passage secret dans les jardins, se tape une nouvelle hallu avec Godoy et Holm, puis descend les escaliers de souterrains super mystérieux. Et là…

Fin de l’épisode.

Résumé de l’épisode 03 – The Council

On retrouve Louis dans nos charmants souterrains. Suivant si l’on a du bol ou pas (je ne l’ai pas vue lors de mon premier run, et je me rappelle pas d’un truc spécial dans ma seconde partie pour l’avoir fait apparaître) il tombe sur sa mère qui, malheureusement, est totalement paniquée et ne le reconnaît pas. Louis parvient néanmoins à la convaincre que c’est bien lui, en chair et en os, en lui racontant tout un tas d’anecdotes dont celle, fameuse, où un cheval lui défonça le crâne d’un coup de sabot. Sarah baisse la garde et coule une larme : en effet, c’est bien son fils, aucun doute là-dessus. Elle lui dit de se méfier de Mortimer et, quoi qu’il arrive, de faire échouer ses plans lors du colloque. Voilà qui commence bien.

Louis remonte au manoir et se joint aux invités pour le début du colloque. Mortimer le prend à part dès son arrivée, tel un jeune padawan ignorant des choses de la vie, pour lui expliquer ce qu’il va proposer durant le colloque et, évidemment, quémander son soutien sans faille. Le but de Mortimer est le suivant : que l’Espagne cède la Louisiane à la France, avant qu’elle-même ne la remette aux Etats-Unis, manœuvre destinée à tromper la vigilance du sanguin duc Godoy, qui ne voudra certainement pas permettre aux US de doubler leur territoire. Mortimer est certes un vieux papy, mais c’est avant tout un grand révolutionnaire : grâce à cette supercherie ô combien habile, les Etats-Unis vont pouvoir conquérir toute l’Amérique du nord et imposer leurs idéaux de liberté à travers le monde, america fuck yeah, toussa toussa.

Le colloque commence, Mortimer expose les détails (pour que la proposition soit entérinée, il faut un vote unanime, et comme lui et Holm sont maîtres de cérémonie, ils ne voteront pas), puis déballe le morceau. Godoy, comme on pouvait s’y attendre, s’insurge et éclate tout rouge de colère. Très vite, tout le monde s’écharpe en deux camps opposés, certains invités se barrent, Holm à leur tête. A ce moment-là, Louis peut choisir de se barrer ou non. La suite va se dérouler différemment selon que l’on a rallié Mortimer ou Holm – mais dans les deux cas, la trame reste la même : il faut convaincre les autres invités de rejoindre le camp de Mortimer / Holm.

Nouveau tour de table le lendemain dans une ambiance délétère. Les invités échangent leurs avis et positions respectifs jusqu’à ce que Péru pète un câble et sorte son flingue pour se suicider. Louis peut intervenir ou non pour le sauver ; quoi qu’il arrive, Mortimer interrompt le colloque pour que tout le monde puisse se remettre de ses émotions.

Plus tard dans la soirée, Washington vient trouver Louis dans ses appartements. Le pauvre yankee est effaré : il vient de voir Sarah, accompagné d’Emily, rentrer dans la chambre de cette dernière ! Louis se précipite dans la chambre d’Emily pour tâter un nouveau bout de boobs pour tirer cette affaire au clair et aperçoit sa mère en compagnie non pas d’une, mais de deux Emily ! Il s’agit de sa sœur jumelle, Emma, et bien évidemment, chacune d’elle affirme être Emily. A Louis de choisir la bonne. Le tapage alerte les autres invités, qui se précipitent devant la porte fermée. Louis laisse Emily (ou Emma s’il s’est planté) en compagnie de la sœur assassinée et se barre retrouver sa mère dans les souterrains du manoir.

S’ensuit une histoire capillotractée où Sarah affirme à son fils que rien n’est ce qu’il croit d’abord, parce qu’en fait, Mortimer, c’est un DaemonKeûûûman ? Hurle Louis. Sarah lui déballe le paquet : les Daemons sont des espèces d’esprits parasites qui s’emparent de l’enveloppe d’un individu pour survivre. Ils peuvent lire dans les pensées et ont tout un tas de pouvoirs incroyables. Et bien sûr, Mortimer et sir Holm sont des vilains Daemons. Il faut donc mettre un terme à leurs ambitions, quelles qu’elles soient. Sarah entraîne Louis plus loin dans les souterrains, devant une porte gigantesque derrière laquelle est dissimulée la fameuse lance qui chatouilla Jésus. Mais pour pouvoir entrer, il faut résoudre une nouvelle énigme pas piquée des hannetons puisqu’il faut activer un mécanisme au fin fond d’un trou avec sa main et qu’à la moindre erreur dans la résolution de l’énigme, paf, plus de mimine. Mais avant d’en arriver là, Louis doit récupérer différents objets dans le manoir pour l’aider dans la bonne réussite de cette épreuve digne des Goonies.

L’épisode s’achève par l’ouverture de ladite porte (et la perte de sa main si on s’est foiré), laquelle révèle un vaste souterrain que Louis trépigne d’explorer.

Résumé de l’épisode 04 – The Council

L’épisode 04 de The Council reprend directement là où on l’avait laissé : Louis doit récupérer la lance de Jésus pour pouvoir tuer proprement Mortimer et le Daemon qui l’habite. Problème : il y a trouze mille lances dans les souterrains, à charge pour Louis d’identifier la bonne en inspectant les indices laissés dans le manoir et en interrogeant des personnes susceptibles de le renseigner.

Après quelques péripéties et la main-basse sur la lance (ou pas si l’on s’est foiré), Louis rencontre Mortimer, dans le hall du manoir, près de la cheminée, et visiblement, le vieux croûton l’attendait de pied ferme. Loin de nier la vérité, Mortimer joue cartes sur table et confirme à Louis qu’il est bien un Daemon. S’ensuivent tout un tas de révélations rocambolesques qui laissent Louis (et le joueur) le cul vissé par terre : Adams était un réceptacle à Daemon et c’est Mortimer qui l’a butée, Mortimer est le papa de Louis (wow) et Sarah n’est pas sa mère (re-wow).

Comme si ça ne suffisait pas, papa Mortimer enseigne un premier pouvoir à Louis, celui de lire dans les pensées des gens, puis le laisse partir retrouver sa prétendue môman pour qu’il puisse avoir une petite discussion avec elle.

La scène suivante diffère selon les choix précédents, mais si l’on a identifié la bonne Emily, Louis retrouve sa “mère” sur les quais de l’île aux prises avec elle. S’ensuit une petite discussion où Sarah confirme qu’elle n’est pas sa mère. Louis coule une larme, dévasté par tant de révélations incroyables, puis il la laisse partir et rejoint l’île parce que, merde comeme, il en a pas fini ici, et un vrai bonhomme ne laisse pas un travail inachevé.

Holm rejoint Louis dans ses appartements plus tard dans la soirée pour répondre à ses questions et tenter de le dissuader de ne pas rejoindre Mortimer, quoi qu’il promette et quoi qu’il arrive. Rebelote avec Mortimer quelques temps après : Louis le rejoint dans ses bureaux pour avoir une discussion émouvante avec son papa. Mortimer lui confie ses projets de liberté pour le monde et tente de convaincre Louis du bien-fondé de ses propos. Histoire de l’appâter dans son camp, Mortimer enseigne un nouveau pouvoir à Louis : celui de prendre possession du corps des autres, et il lui propose d’accomplir une petite mission auprès de Piaggi pour tester la chose. Oh, j’oubliais : entre temps, Louis a appris que Sarah est en réalité la fille de Mortimer, donc c’est sa frangine. Oui, c’est fou dingue.

Louis s’exécute et remplit sa mission avec brio. Il rejoint fissa son papa pour lui communiquer la bonne nouvelle lorsque Holm intervient pour ajouter son grain de sel. La conversation s’envenime, et Louis est contraint de choisir son camp : va-t-il soutenir les idées de papa Mortimer ou tous les envoyer (secrètement) chier ?

L’épisode se termine sur Louis, Mortimer et les types restés dans son camp : papa Mortimer leur explique qu’ils vont gagner et retourner tous les invités restants. Comment ? Grâce à son atout le plus précieux : Louis de Richet.

Résumé de l’épisode 05 – The Council

L’épisode 05 va être assez fastoche à résumer puisqu’il est assez court.

Louis est chargé par Mortimer de rallier les autres invités dans son camp, c’est donc ce qui va l’occuper pendant la première moitié de l’aventure. Il apprendra d’ailleurs qu’Emily est sa sœur. Ça commence à faire beaucoup pour le profane MAIS – je me tais, ce n’est pas encore l’heure des griefs.

Vient enfin le moment de voter pour entériner la proposition de Mortimer et conclure le colloque. Quels que soient les votes, la conclusion est identique : Holm s’effondre, empoisonné par Mortimer, et ce dernier utilise un pouvoir pour suspendre le temps ou un truc du genre ; quant à Louis, il se retrouve dans l’éther, transporté ici par Holm.

Guidé par son oncle, Louis se fraie un chemin dans les limbes pour tenter de contrecarrer les plans infernaux de son redoutable papa, et y parvient tranquilou, les doigts dans le nez, après quelques énigmes.

Il existe plusieurs fins alternatives, mais on peut les résumer grossièrement par deux gros embranchements :

  • Soit Louis se fait déglinguer par papa Mortimer ;
  • Soit Louis le déglingue et devient calife à la place du calife.

That’s all folks.

Nœuds dramatiques de The Council

Résumons maintenant les différents nœuds dramatiques de The Council. Encore une fois, je ne vais indiquer que les principaux événements constituant la trame principale, sinon on va pas s’en sortir.

 

The Council - noeuds dramatiques épisode 01 - schéma narratif

The Council - noeuds dramatiques épisode 02 - schéma narratif

The Council - noeuds dramatiques épisode 03 - narrative design - schéma narratif

The Council - noeuds dramatiques épisode 04 - narrative design - schéma narratif

 

The Council - noeuds dramatiques épisode 05 - narrative design - schéma narratif

Le bon grain de l’ivraie

C’est (enfin) l’heure du bilan ! Ça me fait penser qu’il va peut-être falloir que je me calme dans les résumés vu à quel point ça me prend un temps de taré. Je vais commencer par les points positifs, après quoi on va switcher sur ce qui déconne dans la recette The Council.

L’atmosphère tout d’abord, qui est très réussie (chapeau à la direction artistique). Certains pourront renâcler en invoquant le topos éculé de l’île mais l’histoire contée par Big Bad Wolf et Thomas Veauclin est assez originale pour que l’on remise ces griefs dans un coin de notre tête. En parlant d’histoire, même si cette dernière recycle des poncifs (confréries, artefacts, machinations, esprits démoniaques antédiluviens et j’en passe), l’écriture est là aussi suffisamment soignée pour oblitérer les sensations de déjà-vu ou en tout cas la majeure partie.

L’écriture, justement, doit en partie son succès à des personnages forts et bien caractérisés ; chacun a un objectif, des croyances et des motivations particulières, ils agissent et œuvrent dans leur intérêt (lequel rentre parfois en conflit avec celui de Louis), ce ne sont donc pas des PNJ simplets qui gravitent bêtement autour du protagoniste. La mécanique d’immunités / vulnérabilités à exploiter dans les dialogues est d’ailleurs une excellente idée et oblige le joueur à faire quelques efforts pour mieux cerner ses interlocuteurs et les manipuler dans la direction qu’il souhaite.

Sauf exception, les épisodes sont bien rythmés, les conflits sont nombreux et les enjeux sont clairs. Hormis quelques deus ex machina pour empêcher le joueur de faire game over (comme le passage où Louis, s’il se foire, reste coincé dans le bureau secret de Mortimer), la majorité des conflits sont résolus par Louis / le joueur : on a donc bien un protagoniste acteur de sa propre destinée. Question objectif, on part d’un truc bateau (retrouver la mère de Louis) à celui de contrecarrer (ou non) les machinations de Mortimer, ce qui se révèle un peu plus intéressant sur la longueur.

Quant au mystère, ingrédient nécessaire dans n’importe quelle aventure insulaire, il est plutôt bien distillé au fil des épisodes, hormis quelques passages où le joueur a la désagréable impression d’en savoir moins que Louis (au début notamment, où l’on est un peu largué face au pourquoi du comment). Rien de plus agaçant qu’un personnage qui en sait plus que le spectateur. Donc protips les enfants : faites attention avec le mystère, mal dosé et ça peut vite devenir chiant.

Cette judicieuse remarque me permet d’effectuer une transaction vers les défauts du jeu. Ouais, je laisse rien au hasard.

Commençons par les soucis liés à la construction du récit en lui-même. Au cas où vous n’auriez pas encore pigé, The Council est un jeu à scénario interactif, c’est-à-dire que le récit est modifié en fonction des actions du joueur. Comme je vous le disais plus haut, même s’il y a une trame globale, il est possible de faire tout un tas de choix qui auront une incidence plus ou moins importante sur le déroulé de l’épisode. Résultat : ça devient vite le bordel avec les embranchements, et ça se sent parfois : Washington qui a filé des médocs à Adams alors qu’il était censé ignorer sa présence, Piaggi qui s’en balek que Louis ait ouvert ou non sa lettre, Louis qui se balade avec un moignon sans que personne ne trouve rien à y redire, Emma qui devrait avoir un trou dans la bidoche suite au tir de Sarah (oubli ?). Bon, vu l’arborescence des choix et des conséquences à prendre en considération, j’ai quand même envie d’être magnanime sur ce point-là.

Deuxième problème, et de taille : le rythme des cinq épisodes en dents de scie avec un final qui se termine en peau d’zob. Jetez un œil au découpage en nœuds dramatiques, vous allez vite comprendre. On commence par un épisode 01 mené tambour battant, avec quelques premières révélations, des conflits, du danger, pour continuer sur un épisode 02 un peu plus posé (ou mou, comme vous voulez), avant de poursuivre avec un épisode 03 riche en surprises et autres révélations, et puis après, c’est le drame. L’épisode 04 s’enfonce dans une bête surenchère et l’épisode 05 est bâclé en deux temps / trois mouvements.

J’avoue avoir levé les bras au ciel, tel un sergent Elias mitraillé par la médiocrité.

Pourquoi ça merde aux épisodes 04 et 05 ?

En voilà une bonne question. Vu qu’on est dans une catégorie appelée “Dissection”, c’est exactement ce qu’on va faire maintenant.

Revenons d’abord sur l’épisode 2 avant d’attaquer le gros du sujet. Pourquoi a-t-on l’impression qu’il est plus mou que les autres ? La raison est double : il y a moins de nœuds dramatiques que dans le premier épisode, et Louis vit moins de conflit, d’où cette impression de lenteur relative. Personnellement, j’ai apprécié cet épisode, surtout les différentes énigmes ; ça peut en outre être intéressant (voire judicieux) de poser davantage le récit et de creuser les relations avec les personnages avant d’embrayer sur un troisième épisode riche en péripéties, ce qui semble avoir été la volonté première de Big Bad Wolf pour ce second acte. Bref, cet épisode est un peu plus mou que le précédent, mais c’est justifié et ça passe bien.

Là où ça ne passe plus, ce sont aux épisodes 04 et 05.

Le quatrième d’abord. Si l’on se réfère à mon découpage précédent, on remarque que les nœuds dramatiques sont moins nombreux que dans l’épisode 03 ; il se passe donc moins de choses. A contrario, cet épisode est riche en révélations : en moins d’une heure, on apprend que oui, c’est vrai, Mortimer et compagnie sont des Daemons, que Louis l’est aussi, puis sa mère également, qui est en fait sa sœur, et on lui refourgue deux nouveaux pouvoirs pour manipuler les autres. Oui, ça fait beaucoup. Pis que ça : Big Bad Wolf verse dans l’accumulation de twists et autres coups de théâtre, ce qui réduit à néant leurs effets réciproques. La principale réaction que l’on peut avoir, c’est “nop, trop gros, ça passe pas messieurs“. Et pourquoi ça ne passe pas ? A cause notamment de ce déséquilibre entre nombre de révélations et nombre de nœuds dramatiques, puis à l’accumulation de clichés à la Star Wars. Plutôt que de tout fourrer dans un seul épisode, il aurait fallut lisser ça sur plusieurs actes, mais on reviendra sur ce point très bientôt.

Deuxième problème lié à l’épisode 04 : la trame fantastique est développée trop tardivement. Il aura fallut attendre la fin du troisième épisode / début de l’épisode 04 pour qu’elle décolle enfin, et c’est beaucoup trop tard, surtout au vu de la faiblesse des épisodes 04 et 05. Personnellement, ce glissement vers le fantastique m’en a touché une sans toucher l’autre. Je ne sais pas pourquoi Big Bad Wolf s’est perdu là-dedans ; ils tenaient pourtant un truc bien cool avec le seul plot du colloque façon illuminati. Enfin bon, je suis pas là pour discuter de leurs choix artistiques, j’essaie de colmater les brèches dans leur récit actuel. Néanmoins, quelque chose me dit qu’ils n’ont pas vraiment su choisir entre le récit “historique” et le récit fantastique, et comme ils ne voulaient pas renoncer à l’un ou à l’autre, ils ont fait les deux pour le meilleur et pour le pire. Au final, ça donne un truc boiteux, et c’est bien dommage.

Ce glissement tardif vers le fantastique a fait quelques dommages collatéraux au passage. Parmi eux, le bouquin d’Al Azif. On a l’impression depuis le début du jeu que c’est l’un des éléments les plus importants du récit – en dramaturgie, on parle de préparation – et on s’attend donc à des révélations fracassantes, mais non, que dalle. Louis déniche le bouquin et hop, terminé, on en reparle plus. C’est au mieux un espèce de MacGuffin maladroit. Pourquoi avoir introduit cet élément si c’est pour le laisser au bord de la route ?

Autre dommage collatéral, le colloque en lui-même. Les machinations entre Daemons bouffent complètement cette intrigue et incitent malheureusement le joueur à s’y désintéresser : qu’est-ce qui est plus important ? En savoir plus sur sa véritable nature, maîtriser des pouvoirs divins et s’embarquer dans des luttes d’influence entre demi-dieux ou voter pour céder un bout de terre marécageux aux révolutionnaires français ? La réponse s’impose d’elle-même. Big Bad Wolf a bien essayé de lier les deux facettes via les camps Mortimer / Holm mais le résultat est peu convainquant (d’autant que le joueur est contraint de collaborer avec Mortimer, l’issue du colloque reste donc la même quoi qu’il arrive). Encore une fois, je trouve ça putain de dommage, il y avait déjà fort à faire avec les personnages actuels et les luttes politiques avant de s’embarquer dans un récit fantastique.

Dernier dommage collatéral d’importance, les invités de Lord Mortimer. Ce dernier et Holm rentrent au cœur de l’intrigue à partir de l’épisode 04, et nos amis sont laissés dans leur coin. Il n’y a même plus vraiment de tension pour savoir si l’on va réussir à persuader un tel ou non puisque Louis peut user de ses pouvoirs pour les y contraindre, comme avec Godoy. Et, quoi qu’il arrive, au risque de me répéter, l’issue du colloque reste identique.

Le cinquième épisode est quant à lui très pauvre en rebondissements, d’où la déception quasi unanime des joueurs, et je ne parle pas du nouveau poncif “La duchesse est la sœur de Louis, et c’est aussi une daemon“. Quant à la fin, même déclinée en plusieurs variantes, elle reste la même : Louis doit arrêter Mortimer. Un peu balot pour un The Council qui proposait jusque-là une apparente liberté de choix et d’approches.

Quoi qu’on peut faire ?

Même si je n’apprécie pas franchement la trame fantastique développée par The Council (ouais, je sais, je radote), je vais faire avec et vous proposer quelques pistes d’optimisations possibles.

On peut résumer ces axes en trois points :

  • Assumer et développer la trame fantastique.
  • Lisser les révélations et les twists sur les épisodes.
  • Redonner de l’importance aux personnages et éléments délaissés.

Quitte à partir dans le fantastique, allons-y franco et utilisons le colloque comme ce qu’il a toujours été, un prétexte pour une lutte d’influence entre esprits divins. Cela suppose d’importantes modifications dans la structure de la trame narrative et des différents épisodes de The Council puisque l’élément fantastique doit être annoncé beaucoup plus tôt. Là, tel qu’il est présenté, c’est trop tard et c’est presque déceptif, car tout ce que l’on s’est fait chier à faire pour le colloque est inutile.

Deuxième point, lisser les twists et les révélations, autrement dit : éviter l’accumulation telle que décrite dans l’épisode 04. Avec deux changements d’importance : on laisse tomber cette histoire de duchesse sœur de Louis (soyons sérieux), même chose pour Sarah. On peut réserver un traitement plus intéressant pour ce personnage.

Enfin, je vais essayer de redynamiser un peu le tout, notamment avec les invités délaissés en épisodes 04 et 05, avec Al Azif et surtout, le colloque : même si c’est un prétexte, je pense qu’on peut le lier de façon plus tangible à Mortimer et à Holm, notamment en le remettant au centre de la trame et en proposant de vraies déclinaisons / conséquences sur la fin.

Je vais essayer de synthétiser tout ça point par point, en grosses lignes et sans forcément rentrer dans le détail, histoire de vous donner un aperçu de ce qu’il est possible d’améliorer.

Des modifications pour l’épisode 01 ?

Nop, on n’est pas obligés de toucher au premier épisode. C’est une bonne introduction à l’univers, les enjeux sont posés (retrouver Sarah / le colloque) et on commence à distiller des éléments fantastiques via les rêves éveillés de Louis (enfin, la possession).

On peut donc le conserver en l’état, pas de soucis.

Et pour l’épisode 02 ?

Là, oui.

On laisse l’intro telle qu’elle est : le meurtre d’Adams, l’enquête de Louis et l’entrevue avec Mortimer. Pour celle-ci, on peut conserver l’idée d’un dialogue assez formel, et faire glisser la conversation sur un sujet plus intime, comme c’est le cas actuellement avec Sarah, mais en incluant Louis dans le lot. Mortimer doit se montrer sous un trait assez paternel (l’image du vieux mentor) et faire comprendre à Louis qu’il aimerait bien le prendre sous son aile. On peut inventer n’importe quoi pour justifier tout ça : Sarah parlait de Louis si souvent que Mortimer a l’impression de le connaître, il est persuadé qu’il est capable de grandes choses, etc. Peu importe si c’est vrai ou non, l’essentiel est que Louis / le joueur le croit.

Louis continue ensuite son enquête sur sa mère. Néanmoins, modification majeure : ses trouvailles dans sa chambre le conduisent directement au jardin, et il tombe sur Sarah. Confrontation puis conversation rapide entre eux deux, Sarah a tout juste le temps de lui dire de se méfier de Mortimer, qu’il n’est pas humain, lorsqu’on entend des éclats de voix (Godoy). Sarah lui conseille de remonter et lui donne rendez-vous plus tard en fin de journée, dans le bureau de Mortimer, pour lui “montrer quelque chose” et mettre les choses au clair.

Scène avec Godoy, intervention de Mortimer, qui demande aux invités de patienter un peu avant le début du colloque. On peut imaginer que Mortimer prenne Louis un peu à part pour lui dire qu’il aura besoin de lui pour le colloque, sans trop entrer dans les détails pour l’instant, et lui demander s’il a trouvé des éléments sur sa mère (en réalité, c’est l’occasion pour lui de sonder Louis). Louis se retrouve ensuite avec les invités, il papote, puis il file dans le bureau de Mortimer. Sa mère n’est pas là ; Louis attend, patiente, et puis fuck, il fouille les lieux, trouve le passage secret et rentre dans le bureau. Là, il trouve des trucs assez accablants sur Mortimer, ce qui viendrait conforter les propos de sa mère.

On retombe ensuite sur les deux voies initiales : soit Louis parvient à sortir du bureau, soit il n’y parvient pas. Un faux choix en réalité puisque, dans les deux cas, c’est Mortimer qui le surprend (ou le délivre). Il lui dit qu’une petite conversation s’impose. Pof, clap de fin d’épisode.

Modifications pour l’épisode 03

On retrouve Louis et Mortimer là où on les avait laissés : dans le bureau secret. Louis panique un peu, Mortimer reste au calme, et on commence direct par la grande série de révélations de Mortimer de l’épisode 04 : le vieux schnock affirme être un Daemon, et dit que Louis l’est aussi, d’où ses rêves et tout le tintouin, puis il lui confie que c’est son père et que Sarah l’a arraché à lui. Pour le persuader, Mortimer lui raconte deux ou trois éléments qui ébranlent Louis, puis il essaie de le rallier dans son camp pour le colloque en lui exposant son idée principale.

On switche sur la scène du colloque, les invités s’insurgent et se barrent, Louis choisit de rester avec Mortimer ou de suivre Holm. Si Louis reste avec Mortimer, Holm viendra le voir un peu plus tard pour avoir le même genre de discussion qu’il a avec son neveu dans l’épisode 04. Si Louis suit Holm, son oncle le prendra à part pour le même genre de scène. Quoi qu’il en soit, dans les deux cas, il faut rallier les invités, l’occasion pour Louis de faire joujou avec son nouveau pouvoir. Histoire d’en garder pour la suite, il faudrait que certains invités soient difficiles à retourner, voire impossibles à faire changer d’avis pour le moment.

Une fois qu’il a fait ses tours de passe-passe, Louis va vers la chambre de la duchesse, entend du grabuge, porte fermée, il fait le tour et voit les deux sœurs se faire face avec sa mère. Même scène qu’auparavant, Louis fait son choix, puis retrouve sa mère dans les souterrains. Petite discussion entre eux deux, avec modification, évidemment : Sarah confirme les propos de Mortimer, avoue être aussi un Daemon (sans aucun pouvoir, mais ça elle ne le dit pas !) et plaide pour sa bonne cause. Elle dépeint les Daemons (et spécialement Mortimer) comme des tyrans en herbe qui ne cherchent qu’à réduire l’humanité en esclavage. Elle, tout ce qu’elle veut, c’est foutre tout ça en l’air et libérer l’humanité : il est donc important que Louis contrevienne autant que se peut aux projets des deux zozios lors du colloque. Bon, ça, c’est la version officielle délivrée à Louis et au joueur. En réalité, Sarah considère Louis comme un instrument pour se venger de Holm et Mortimer, qui l’ont mise plus ou moins de côté parce qu’elle avait zéro pouvoir. Au final, le joueur se voit offrir trois alternatives : le gant de fer de Holm pour mener l’humanité à la baguette et laisser les choses à leur place, le gant de velours de Mortimer avec ses rêves de grandeur, et la version anarchie de Sarah. On y reviendra plus tard.

Sarah demande enfin à Louis de l’aider pour récupérer la lance de Longinus, la seule arme qui puisse buter un Daemon. On retombe sur notre phase d’enquête et d’ouverture de la porte. Clap de fin.

Modifications pour l’épisode 04

Louis commence par récupérer la lance de Longinus, donc introduction identique ; pendant ce temps-là, Sarah sait qui a le bouquin d’Al Azif et essaie de le récupérer (dans mon scénario, Borchert a trouvé le bouquin et l’a refilé à Holm, Sarah s’est infiltré sur l’île pour le localiser et le récupérer, ce qui signifie qu’elle n’a jamais été invitée sur l’île – oui je sais, je fais bien de le préciser maintenant. Cette solution a l’avantage de résoudre le côté complètement illogique de l’invitation de Sarah par Mortimer, tous deux ayant vraisemblablement un lourd passif insolvable entre eux). Louis rejoint ensuite le château tard le soir et tombe sur Mortimer. C’est l’occasion d’une discussion approfondie sur lui, ses plans, les Daemons et Sarah. Mortimer balance que Sarah ne cherche qu’à se venger parce qu’elle n’a pas de pouvoir, Louis n’est qu’une arme pour elle, il faut qu’il se méfie. Il lui souhaite ensuite bonne nuit pour la deuxième journée du colloque le lendemain.

On entame donc le deuxième jour du colloque. On retrouve la scène initiale, puis Péru qui sort son flingue pour se suicider. Pause, on retrouve Louis dans sa chambre, Mortimer le fait mander par un serviteur. On retombe sur la scène de la salle à manger avec Louis, Mortimer et Holm ; Louis doit choisir son camp (tout en conservant la possibilité de les trahir), et cette fois, c’est définitif. Si Louis reste avec Mortimer, on retombe peu ou prou sur les mêmes conversations suivantes. Si Louis part avec Holm, Mortimer se déclare profondément déçu et souhaite pouvoir faire changer d’avis son fils ultérieurement (bon en fait, il a décidé de le buter, ou plutôt de prendre son corps, ça sera l’une des fins possibles).

Suite à ça, nouvelle conversation Louis / Mortimer ou Louis / Holm : il faut faire basculer les autres invités récalcitrants dans leur camp. C’est l’heure des promesses, des menaces et des petits coups bas entre amis, avec la possibilité, pourquoi pas, de fouiller plus amplement les affaires des invités pour dénicher des petits potins… Et histoire de l’aider un peu, Mortimer / Holm apprend le pouvoir de possession à Louis. Il serait intéressant d’éprouver durement notre amigo lors de la possession, histoire que ça fasse pas trop pouvoir cheaté trop simple à mettre en oeuvre pour un débutant. Par ailleurs, Louis pourrait s’amuser à dire tout et son contraire aux invités, voire à en monter certains contre les autres, histoire de s’amuser avec la troisième voie “anarchie totale”.

L’épisode se termine sur un débrief de Louis à Holm / Mortimer, et les encouragements de ce dernier comme quoi ils vont remporter le colloque demain.

Modifications pour l’épisode 05

Louis se fait réveiller par Sarah, à sa fenêtre, au milieu de la nuit ; elle a besoin de son aide. Elle sait qu’Holm détient le bouquin mais ne sait pas où il l’a planqué sur l’île, sûrement dans ses appartements. Il faut donc qu’il le récupère. Ça peut être l’occasion de faire découvrir au joueur une nouvelle pièce (les appartements de Holm) et de lui proposer une nouvelle énigme (et d’utiliser la belle pièce de la bibliothèque qui ne sert à rien, tiens). Lorsque Louis ramène le bouquin, il demande des explications à Sarah, qui lui avoue que le bouquin d’Al Azif contient des formules puissantes censées pouvoir emprisonner ou annihiler les Daemons. Voler ce bouquin, c’est donc mettre Holm et Mortimer en grand danger, ce qui, avec la lance, leur laisse deux fois plus de chances de réussir leurs plans. Sarah demande ensuite à Louis de lui remettre le bouquin afin de l’étudier et d’identifier quelque chose permettant de mettre les deux Daemons hors d’état de nuire. Louis peut accepter ou refuser, auquel cas Sarah va essayer de le persuader une deuxième fois, puis abandonner, un peu verte de rage, en lui disant qu’il va au-devant de graves ennuis. En gros, elle jette l’éponge.

Le lendemain, c’est le jour du vote. On retrouve la scène initiale avec quelques divergences selon les choix du joueur : si les invités ont tous été ralliés dans un camp ou l’autre, on passe directement au vote, sage et sans appel. Si certains invités n’ont pas été ralliés, on les fait réagir ou protester. Et enfin, si certains ont été montés contre les autres, on touille et on fait monter la sauce. Bref, on vote, et il ne peut y avoir que deux alternatives : soit Mortimer gagne, soit c’est Holm. Dans les deux cas, le résultat est sans appel. En bon maître de cérémonie auréolé de la gloire de la victoire, Mortimer / Holm propose alors aux invités un dernier dîner avant de quitter l’île le lendemain.

Les invités vont se reposer avant d’être appelés pour le dîner. C’est l’occasion d’un petit débrief sur le colloque et des projections quant aux attentes de chacun pour l’avenir. Cependant, quoi qu’il arrive, Mortimer va vouloir buter Holm. Ce dernier se met donc à suffoquer lors du dîner, renverse la table, roule par terre, accuse Mortimer, qui fait genre “wtf dude“, puis il semble expirer. Les invités sont tétanisés, Mortimer essaie de les calmer et les renvoie dans leur chambre. Louis fini par s’endormir, et se “réveille” dans l’éther : Holm n’a pas tout à fait expiré et prévient Louis du danger que représente son papa. On laisse dès lors le choix à Louis / le joueur : soit il accepte d’aider Holm, soit il s’en balek et le laisse crever. Si le joueur laisse crever Holm, il faut prévoir un embranchement alternatif à l’éther. On peut imaginer que Mortimer demande à Louis de retrouver Sarah pour la buter à son tour car elle représente une menace évidente. Louis pourrait la chercher quelques instants avant de revenir bredouille : il semblerait qu’elle ait quitté l’île. A partir de là, plusieurs fins possibles :

  • Débrief du colloque entre Louis et Mortimer le lendemain, alors que les deux regardent les invités partir.
  • Si Louis a le livre et qu’il a trahi Mortimer, ce dernier voudra posséder son corps. Si Louis a trouvé la bonne lance, il tue Mortimer. Sinon, Mortimer le tue.
  • Si Louis a le livre et qu’il est resté fidèle à Mortimer, ce dernier félicite son fils et le promet à un grand avenir.
  • Si Louis n’a pas le livre et qu’il a trahi Mortimer, ce dernier voudra posséder son corps. Néanmoins, Sarah intervient. Elle parvient à tuer Mortimer, puis, surprise motherfucker, s’apprête à faire de même avec lui en lui disant qu’elle est désolée, mais il reste un Daemon, donc il est dangereux. Si Louis a trouvé la bonne lance, il tue Sarah. Sinon, Sarah le détruit.
  • Si Louis n’a pas le livre et qu’il est resté fidèle à Mortimer, ce dernier félicite son fils et le promet à un grand avenir. Sarah intervient. Elle s’apprête à tuer Mortimer. Si Louis a trouvé la bonne lance, il tue Sarah avant qu’elle n’agisse. Sinon, Sarah le détruit lui et son père.

Si Louis aide Holm, on retombe sur l’épisode de l’éther. Louis est guidé à travers ce monde puis se retrouve face à Holm et Mortimer, lequel s’apprête à dévorer ce qui reste de son âme. Si Louis n’a pas rencontré Asahel :

  • Si Louis a trahi Mortimer, ce dernier aspire l’âme de Holm, puis essaie d’en faire autant avec Louis. Si Louis a trouvé la bonne lance, il tue Mortimer dans l’éther, et dans la vraie vie. Sinon, Mortimer le tue.
  • Si Louis est resté fidèle à Mortimer, ce dernier demande à son fils de tuer Holm. Louis peut accepter ou refuser, auquel cas Mortimer va essayer d’aspirer l’âme de Louis. Si Louis a trouvé la bonne lance, il tue Mortimer dans l’éther. Sinon, Mortimer le tue.

Si Louis a rencontré Asahel :

  • Asahel intervient, ne peut sauver Holm, puis condamne Mortimer à la réclusion.
    • Si Louis réussit la confrontation suivante avec Asahel, il prend la “place” de Mortimer.
    • Si Louis échoue, on retombe sur la fin où il se fait emmurer vivant lui aussi.

Voilà qui conclue notre série de modifications pour les épisodes de The Council. Sans vouloir m’auto-congratuler et me tapoter l’épaule, je ne sais pas vous, mais je crois qu’on a ici quelques pistes intéressantes qui permettent de mieux rythmer l’aventure et de proposer une conclusion à la hauteur des espérances jusqu’ici tissées par le récit.

En tout cas, ça ne peut pas être pire qu’en l’état.

Enfin je crois.