Je pourrais faire un long laïus sur “le piratage, c’est mal les enfants” ou pleurer longuement sur la mise à disposition gratuite de Desperado sur tout un tas de sites illégaux, mais étant donné que je ne suis pas le dernier dans ce domaine, je vais m’abstenir de donner des leçons d’éthique ou de morale. Comme à peu près tout le monde je crois, j’ai téléchargé des trucs – des films et des séries dans leur immense majorité, pour certains que j’avais déjà vu au cinoche, d’autres en DVD ou en cassette, et j’en télécharge encore de temps à autres quand je ne trouve pas ce que je veux sur Prime ou sur Netflix. Les SJW pousseront des cries d’orfraie, les autres me lapideront à coups de tweets, mais qu’importe, ça m’en touche une sans faire bouger l’autre.

Je sais, pirater, télécharger, c’est mal, c’est du vol, des gens ont travaillé ou travaillent encore pour proposer ce fatras de produits culturels. Je sais tout ça, merci bien. Mais je suis également quelqu’un de pragmatique et lutter contre le téléchargement illégal, c’est un combat perdu d’avance (hein Hadopi ? Wink wink). Quoi qu’on dise, quoi qu’on fasse, on ne pourra jamais empêcher Jean-Michel de download sur son site de téléchargement préféré la dernière saison de Sabrina la Sorcière. Tout ce qu’on peut espérer, c’est faire confiance au plus grand nombre et compter sur leur honnêteté pour acheter le fruit de notre labeur. Faire culpabiliser les gens, les entraver avec des DRM merdiques ou les avertir de tout un tas de disclaimers est non seulement contre-productif, mais peut aussi se retourner contre nous.

Ouais, je parle de “nous” parce que, comme vous l’aurez remarqué en introduction, quelle ne fut pas ma (légère) surprise de retrouver Desperado à droite à gauche en téléchargement gratuit. A dire vrai, je m’y attendais : pour bosser dans le métier, et sans vous abrutir de détails, il est techniquement possible de se câbler à Amazon pour choper (on parle de scraping) tous les bouquins proposés en boutique Kindle. A partir de ça, les mecs montent tout un tas de sites en full automatique et génèrent une page HTML par bouquin, ce qui fait qu’il est aussi facile de télécharger le dernier Musso pour le lire sur son Kindle que d’aller acheter une baguette de pain en bas de sa rue. Voilà pour la petite explication.

Même si j’ai foutu Desperado en vente sur Amazon (au prix super cher de 0.99€), j’avais toujours eu dans l’idée de foutre le PDF ici même, en téléchargement gratuit, sans aucune contrepartie de m’envoyer du liquide ou des porn pics. Pourquoi diable faire une chose pareille ? Pour les mêmes raisons qu’exposées ci-dessus. Si les gens ont téléchargé mon truc et qu’ils l’ont apprécié, j’espère qu’ils l’achèteront en retour, sinon tant pis. On pourrait me rétorquer que cette attitude détachée s’explique par le fait que je ne vis pas de mon travail d’écriture, et que mon objectif actuel est plutôt de capter des lecteurs. C’est vrai, inutile de nier. Mais quoi qu’il arrive, je pense rester dans cet état d’esprit : si les gens vous apprécient ou ont apprécié votre travail, ils achètent votre produit, les emmerder ne sert à rien.

Je vois que vous vous impatientez : “pourquoi est-ce que tu nous casse les burnes avec ce billet alors ?” vous exclamez-vous. Ben parce que sur le coup, ça m’a fait chier de voir ce pauvre Desperado éparpillé gratuitement sur tout un tas de sites merdiques. Je suis certain que la moitié peuvent vous refiler la vérole si vous téléchargez un truc chez eux. Et puis je crois que j’ai aussi ressenti, pour la première fois, la désillusion que vivent les mecs lorsqu’ils s’aperçoivent que leur bébé vendu trois francs six sous est mis à dispo en vrac sur le web. Désillusion courte et passagère, certes, mais désillusion quand même. Ça ne va pas m’empêcher de dormir, mais bon, fichtre.

Je vais donc tranquillement attendre que Desperado sorte du programme Kindle (prévu pour fin mars) pour caler le PDF ici (et le vendre encore sur Amazon, vous l’aurez compris – soutenez les artistes, à vot’ bon cœur m’sieurs dames).

Non, vraiment, inutile de me remercier, ça m’embêterait que vous attrapiez la chtouille ailleurs <3