En voilà une question qu’elle est pas bête. Combien de temps ça prend pour écrire un roman ? En d’autres termes, combien de temps ça prend de rester la tête penchée sur sa page blanche, à chercher une pelletée de mots qui ne viennent pas, et lorsqu’ils viennent enfin les accoucher dans la douleur (oui, j’ai un rapport masochiste avec l’écriture) pour trouver le rythme juste, l’image qui frappe ?

Disons-le sans ambages, et au risque de me contredire dans le premier paragraphe, c’est une question con, enfin, disons plutôt complexe (puisqu’il n’y a pas de question bête, n’est-ce pas ?). C’est une question complexe puisqu’autant d’un côté il est légitime de se la poser avant d’embarquer pour la Grande Inconnue, cet abîme littéraire d’où l’on n’est pas certain d’en ressortir vivant (bon, d’accord, c’est un peu trop mélodramatique là), autant de l’autre il apparaît évident que l’écriture d’un bouquin est subordonnée à de nombreux facteurs que l’on ne maîtrise pas forcément… Et c’est là où ça devient compliqué.

Si vous le voulez bien cher lecteur, passons ensemble en revue les critères qui peuvent impacter le temps de rédaction d’un bouquin ; et puis si vous n’en avez rien à foutre, vous pouvez sauter directement au chapitre consacré à mon retour d’expérience sur Desperado (mon illustre roman fantastique inconnu), histoire de prendre la température pour vous rassurer ou voir au contraire à quel point vous allez ramer.

Ecrire un roman, ça prend du temps… Ou pas

Au nombre des facteurs qui impactent la durée du processus d’écriture d’une œuvre de fiction, distinguons-en deux fondamentaux :

  • L’humain : le soi, l’être, toutes ces conneries de bullshit freudiennes.
  • L’œuvre : ses caractéristiques, son univers, son intrigue, etc.

Tout part de l’humain si l’on veut être précis, puisqu’au final c’est moi qui vais construire l’intrigue de mon roman, son univers, ses personnages et tout le bataclan, mais il me semblait ici utile d’opérer un distinguo – nous verrons pourquoi dans quelques instants.

L’auteur et son roman : entre motivation suprême et procrastination endémique

Par « l’humain », j’entendais ici l’auteur dans toute sa misère et sa splendeur, ses qualités intrinsèques et ses vilains défauts. Parce que l’on reste des hommes (ou des femmes) et que l’on ne performe pas comme des robots nourris au machine learning, chacun d’entre nous va avoir un rapport différent à l’écriture : pour certains ça sera aussi facile que de pédaler sur un vélo, comme l’ami King, qui précise dans Ecriture : Mémoires d’un métier qu’il ne s’arrête que lorsqu’il atteint les 2000 mots par jour (soit pour lui une matinée de boulot environ), pour d’autres ce sera aussi difficile que de pisser debout un soir de cuite, contraint d’écrire au forceps pour extirper ce qu’ils ont dans le cœur, comme le copain Flaubert et son soucis du détail qui l’obligent à raturer sans cesse pour obtenir une symphonie de mots qui le satisfasse.

On commence ici à discerner quelques éléments qui impactent le rythme d’écriture d’un roman ; la capacité de travail d’abord. Ben oui, tout le monde ne peut pas boucler son livre en deux semaines comme Boris Vian (J’irai cracher sur vos tombes, oui, c’est toi que j’invoque) ou pondre un bouquin de 800 pages en trois mois comme King (encore lui, le chenapan !). Certains mettront un mois, d’autres dix ans, je crois que de ce point de vue-là il n’y a pas de limites. Je sais qu’il existe tout un tas de méthodes pour écrire vite – je n’en ai testées aucune, je m’abstiendrai donc d’en causer plus longuement – cependant on s’en tamponne bien le gnou : après tout l’essentiel n’est pas d’écrire vite ou de terminer son roman en trois semaines, l’essentiel, chers amis, c’est de prendre du plaisir.

Corrélat de la capacité de travail, la motivation joue également un rôle sensible dans l’achèvement d’un roman. Inutile de préciser que si vous êtes peu motivé à l’idée d’écrire un petit peu chaque jour ou chaque semaine, voire de rester le cul vissé sur une chaise de bureau, seul face à vous-même devant votre écran d’ordinateur (ou votre machine à écrire, ou votre feuille blanche si vous aimez le côté rétro), ça va vite devenir compliqué pour vous. Bon, disons-le tout net : vous allez exploser en vol. Enfin, pas vous, mais votre roman oui. Et Dieu sait que c’est parfois compliqué de se contraindre à écrire, surtout lorsque l’on a autre chose en tête, surtout lorsqu’il fait beau dehors. Mais il n’y a pas de miracle : personne ne vous mettra la pression, personne ne sera derrière votre dos pour le labourer de coups de fouet. Il va falloir vous motiver tout seul pour écrire. Je ne sais pas moi, fixez-vous des objectifs tenables, et si ça ne marche pas, ouvrez vos chakras. Ecrire un roman, c’est un combat à mains nues contre vous-même et parfois… c’est l’autre qui gagne. Dans ces cas-là on ne se décourage pas : tant pis, on se lance à fond dans sa procrastination passagère, on en profite, puis on respire un grand coup et hop, en selle cow-boy : vous avez un bouquin / une nouvelle à terminer.

Autre élément nocif, la procrastination. On peut être curieusement motivé à l’idée d’écrire et néanmoins trouver tout un tas de raisons pour ne pas le faire – ça m’arrive encore parfois, je sais de quoi je parle. On se lève le matin et… Non, pas aujourd’hui, je dois faire tel truc urgent avant, je dois terminer de lire ce livre, j’ai Bobby à déposer à la crèche et je dois repasser mes chaussettes. Parfois, pas vraiment d’excuse : c’est juste une flemme monumentale qui vous prend aux tripes. Qu’à cela ne tienne, demain, ça sera différent, c’est sûr ! Et puis… Rebelote. Cette merde est d’autant plus dangereuse lorsque l’on écrit devant un écran. Ecrire sur un PC et un logiciel de traitement de texte, c’est bien, ça va vite, mais bordel qu’est-ce que ça peut nous distraire. Hop, on reçoit un email, on s’arrête et on va voir de quoi il s’agit. Hop, on se rencarde sur tel synonyme – tiens au passage, je vais faire un tour sur Facebook / Twitter / Instagram / insérez ici tel autre réseau social merdique – et, tiens, je vais voir cinq minutes les actus sur Google News. Oh, Space X vient de réussir un nouveau lancement ? Allons voir ça, il y a une vidéo, ça a l’air chouette.

Enfin, il y a le problème du temps libre. Ecrire un roman suppose d’avoir un peu de temps devant soi – si ce n’est pas le cas, vous ferez partie des gens qui écriront le leur en 10 ans, mais allons, haut les cœurs ! Rien n’est impossible. Du temps, il « suffit » de s’en dégager (je sais, ça fait très présomptueux dit comme ça). Plutôt que de se lever à 7 heures, on peut mettre le réveil à 6 et profiter d’une heure de temps libre pour continuer à rédiger son chapitre. Vous avez une heure de pause le midi, voire 2 heures ? Vous pouvez vous prévoir quelques minutes pour avancer. Même si ce n’est que trois mots, même si ce n’est que cinq phrases. Ecrire est souvent un travail de galérien. On rame, on rame, mais à force de ramer on peut aller sur Mars. Demandez donc à Joyce, il vous le confirmera. Vous êtes plutôt du soir ? Eh bien, au lieu de vous liquéfier le cerveau devant les conneries qui passent à la télé, calez-vous une heure pour avancer sur votre roman. Il en vaut bien la peine.

Nombre de pages, intrigue… Ça aussi ça impacte le temps d’écriture d’un roman

Après l’humain vient l’œuvre et ses caractéristiques. Ben oui, il n’est pas seulement question de l’auteur, il est aussi question du matériau à travailler, ce qui fait qu’au final, comme en sculpture, on va se retrouver avec différentes matières plus ou moins dures à dégrossir, à sculpter, à ciseler.

L’univers de votre roman d’abord. De toute évidence, elle va beaucoup varier en fonction du genre que vous avez choisi et du type d’histoire que vous voulez raconter. Je ne vais pas forcément m’investir autant dans une histoire contemporaine qui s’articule autour d’une mère dépassée par son vilain adolescent de 16 ans que dans une trilogie de SF avec de multiples personnages et des sous-intrigues à tiroir en veux-tu-en-voilà. On pourra revenir plus longuement là-dessus dans un autre billet, mais la construction d’un univers cohérent me parait fondamental avant d’entamer un quelconque processus d’écriture de longue haleine… Enfin, je dis ça, c’est peut-être aussi parce qu’il s’agit de l’étape que je préfère. Construire un univers, c’est bâtir un monde de ses propres mains : quels sont les lieux et les personnages qui les peuplent, qu’est-ce qu’il s’est passé avant, comment ça a eu un impact sur mon monde d’aujourd’hui, etc, et ceci vaux autant pour mon roman contemporain (dans ce cas, ça peut être rapide) que pour ma saga familiale de 5000 pages (là, ça peut être long). Bref, pondre une véritable bible prend du temps et retardera d’autant plus l’achèvement de votre roman.

Vient ensuite l’intrigue, corollaire du type d’histoire que vous souhaitez nous raconter à nous, lecteurs. Je ne vais pas m’appesantir dessus très longtemps ; il faudrait que je ponde à la place un gros dossier sur la mise en œuvre de la dramaturgie dans un bouquin. Disons simplement qu’une intrigue plus ou moins complexe va elle aussi retarder l’entame de votre roman. Concernant l’intrigue, il y a d’ailleurs deux manières de voir les choses : soit vous foncez en vous disant qu’il n’y a pas trop à réfléchir, que vous trouverez vos idées sur le tas, que les briques vont trouver leur place d’elles-mêmes (ce n’est pas forcément la méthode que je conseille après coup), soit vous prenez votre temps pour faire un document propre où vous écrirez de façon synthétique l’intégralité de vos chapitres (ce qui me semble maintenant plus pratique, on verra plus loin pourquoi). Bref, c’est comme vous le sentez : certains préfèrent écrire sans trame en mode yolo, d’autres veulent un squelette avant d’y poser les muscles et la peau.

Conséquence logique de la richesse de votre univers et de votre intrigue : le nombre de pages ! Si vous avez prévu de raconter une longue histoire, alors selon toutes vraisemblances vous allez vous taper un paquet de feuilles blanches à noircir de votre plume. Evidemment que vous mettrez moins de temps à écrire votre roman de 150 pages qu’un autre de 300 pages – à moins d’avoir un ou deux nègres pour vous aider, le temps d’écriture est par définition doublé, qu’on le veuille ou non. De toute façon il n’y a pas de règle en la matière, faites-vous plaisir, écrivez 1000 pages si ça vous chante. Sachez toutefois que ça peut poser problème si vous avez dans l’idée de vous faire éditer, surtout s’agissant d’un premier roman, en plus d’autres choses…

… Comme le temps de relecture et de correction. On y pense pas forcément sur le coup, mais quand on se prend ces deux trucs dans la gueule, ça fait mal. Non seulement il faut se relire (à moins que vous ne vous satisfaisiez d’un torchon, libre à vous et bon courage pour la suite), mais en plus il faut se corriger, et ces foutues corrections prennent plus ou moins de temps en fonction de vos compétences en grammaire, en syntaxe et en orthographe. Autre aspect à ne pas négliger dans la relecture, l’intrigue : quels passages vais-je réécrire ? Quels passages vais-je couper pour davantage de fluidité ? Quels sont les passages incohérents ? Mike a descendu Sally d’une balle dans la tête, mais est-ce une réaction normale pour un jeune bambin dépressif de 6 ans ? Etc, etc. Je sais, ça fait chier, hélas il y a toujours des suppressions de paragraphes ou de chapitres à prévoir pour davantage gagner en efficacité, c’est comme ça. Et, croyez-moi, vous feriez mieux d’être prêt pour ce genre de sacrifices.

Retour d’expérience sur l’écriture de Desperado

Allez, assez de blabla chiant comme un cours de droit constitutionnel un vendredi matin à 8 heures ; comment que ça s’est passé pour Bibi ? Est-ce que votre humble serviteur s’est démené comme un beau diable pour écrire son roman ? Est-ce que ça a été facile pour lui, une main sur le clavier et l’autre dans le slip ?

Première réponse (de normand) : oui et non… ça dépend.

A la base, Desperado (mon roman thriller / fantastique, si vous avez bien suivi) était une nouvelle écrite un jour d’ennui profond pendant un cours de grammaire stylistique. Et puis… ça s’est emballé.

Je ne m’y attendais pas.

J’ai une écriture assez visuelle, c’est-à-dire que je visualise d’abord la scène en esprit, comme au cinéma, avant de coucher par écrit ce que je vois. Dans le cas de Desperado, les scènes se sont succédées les unes après les autres, je sentais bien que je tenais un truc. J’aimais bien les personnages, j’aimais bien cette espèce de Far West déliquescent, je me suis dit que ça valait le coup d’en tirer quelque chose – un roman oui, pourquoi pas.

Et puis plus rien. Après une dizaine de pages laborieusement noircies au critérium, je me suis arrêté et j’ai embrayé sur d’autres nouvelles.

Pourquoi ? J’en sais rien. J’ai toujours eu du mal à me canaliser : un jour je suis à fond dans quelque chose, le lendemain j’en passe à une autre. Ici ça n’a pas loupé. Vous comprendrez au passage que cet emballement constant pour tout et n’importe quoi est très préjudiciable pour toute tentative d’écriture de roman, quel qu’il soit. Ainsi, à l’exemple d’un fatras d’autres récits, Desperado a été rangé avec soin dans ma pochette à nouvelles… Pour ne plus en ressortir avant un bout de temps.

Il me semble l’avoir repêché à la fin de l’année scolaire, quand je relisais, la larmounette à l’œil, les espèces de torchons que j’avais écrit durant cette troisième année de licence de lettres. J’ai saisi mes brouillons estampillés d’un trombone, j’ai relu les péripéties de Jacob (appelé Zoran à l’époque, dieu sait pourquoi) et je me suis dit que, merde, quand même, il y avait là un truc, il fallait VRAIMENT que je me bouge pour en tirer quelque chose. J’étais à l’époque en train de bosser sur un autre projet – Mascarade, j’en parlerais certainement ici un jour – et je l’ai plaqué comme un connard pour passer sur Desperado. Oui, encore et toujours cette histoire de schizophrénie créatrice

J’ai tenu bon cette fois. Cet été-là, j’ai bossé trois mois dans l’administration comme contrôleur des eaux chez les agriculteurs du coin. C’était un job pépère, toujours en déplacement à droite à gauche, il n’y avait pas de quoi me plaindre. Je profitais de chacune de mes pauses, le midi, dans l’habitacle de ma petite Twingo de fonction pour « bricoler » sur Desperado ; je réfléchissais à des idées et je couchais la suite sur papier, que je reportais ensuite sur l’ordinateur en rentrant après le boulot. J’ai pu avancer petit à petit comme ça – pas autant que je l’aurais voulu, mais ça avançait. Et, surtout, je m’accrochais à mon projet, ce qui était loin d’être évident pour quelqu’un d’aussi versatile que moi.

L’été est passé et… J’ai de nouveau laissé tomber mon bouquin. Je pourrais invoquer tout un tas de raisons, comme le déménagement à Bordeaux et l’installation en couple dans un petit 20m², mais en vérité j’étais une putain de feignasse. Oh, j’ai bien essayé de m’y remettre pendant ma première année de master, deux fois, trois fois, quatre fois, pendant une ou deux semaines, mais je lâchais irrémédiablement pour faire des trucs diablement plus intéressants que de transpirer sang et eau sous des combles gorgés de soleil.

Et puis je ne sais pas, il y a eu un déclic. A l’époque j’étais en alternance pour bosser dans le numérique (je vous raconterai ça un jour p’têt, si vous êtes sages), plus précisément comme traffic manager, et j’avais ces espèces de crises à intervalles réguliers qui se résumaient à : « bordel, est-ce que j’ai vraiment envie de faire ce truc toute ma vie ? » et « bordel, est-ce que je suis fait pour écrire ou pas ? ». De temps en temps, je relisais tout ce que j’avais écrit pour Desperado avec un mélange d’échec et de tristesse, et je me disais que c’était un beau gâchis, mais que, d’un autre côté, je n’étais pas un vrai auteur, que ce n’était pas grave, que j’avais l’habitude de commencer des trucs sans les terminer.

Je crois que ces questions métaphysiques ont été salutaires. Un jour, je me suis juste bougé le cul et j’ai repris Desperado. Comme ça. Sans raison particulière.

J’ai commencé par me dire qu’il fallait que j’écrive un peu tous les jours. C’est ce que j’ai fait. Tous les jours, pendant un an.

Puis j’ai vite embrayé sur l’idée qu’il me fallait un objectif quotidien. Ecrire un même truc pendant dix ans, ce n’était pas fait pour moi.

Je suis donc parti sur 1000 mots par jour, et j’ai plutôt bien tenu ce rythme d’écriture, à quelques exceptions près (parfois moins, parfois plus). Mon emploi du temps ressemblait à ça : je me levais, je déjeuner rapidos, j’écrivais, je me barrais au boulot, et si je n’avais pas atteint mes 1000 mots quotidiens, je rentrais le soir pour m’y remettre illico.

Et ce tous les jours, sans exception. Même le week-end. Le samedi / dimanche, j’en profitais même pour faire du zèle.

Cette méthode n’est pas forcément applicable pour tout le monde, pour moi ça a bien fonctionné, j’ai une femme compréhensive (et surtout qui me soutient) et pas encore de gosse, ça doit bien aider. En tout cas, j’ai rapidement plié mon premier jet, soit 360 pages Word et quelques, et je peux vous dire que rien que pour la sensation grisante de victoire et d’épuisement qui vous gagne lorsque vous achevez votre bouquin, lorsque vous écrivez « FIN » en bas de page, bordel de dieu, ça valait le coup de se faire chier comme ça.

Puis est venu le temps de la relecture et des corrections. Une autre putain d’année. Ça aurait pu durer quelques mois grand max, mais pour la faire courte, je me suis bien chié dessus dans l’articulation de l’intrigue et j’ai dû faire beaucoup d’allers / retours, de modifications et de suppressions entre mes différents chapitres pour avoir quelque chose de satisfaisant. Il est clair que pour moi, la technique du yolo, ça ne fonctionne pas.

Au final, Desperado m’aura tenu en haleine un peu moins de deux ans, un an et quelques si j’avais été plus rigoureux – enfin ce n’est pas grave, ce n’est rien que mon premier gosse, j’ai beaucoup appris et j’ai entamé le prochain de façon plus sereine. Puis bon, comme dirait l’autre, ce n’est pas la destination qui compte, c’est le voyage ; alors faites-vous plaisir durant ce voyage, il devrait forcément en ressortir quelque chose de bon.