Et hop, c’est reparti pour un tour. Maintenant que Lia est bouclé, relu et corrigé, on rembarque sur le beau et grand navire du masochisme pour faire la tournée des éditeurs. Au bout du voyage, après des mois d’attente dans la quiétude angoissante de ma cabine et une pelletée de refus incompréhensibles (comment ça ils veulent pas de mon bouquin ? Bande de salauds), cette fois peut-être, une publication pour couronner mes heures de larmes et de sueur.

Comment ? Moi, mélodramatique ? Mais pas du tout chers amis.

Cette fois on vise gros (et plus ambitieux) avec du Grasset, de l’Actes Sud ou encore du Lattès, ce qui suppose donc un certain nombre de tirages papier à envoyer de-ci de-là, lesquels finiront sans doute échoués sur le rivage des Milles et un Manuscrits Entassés dans une Cave Random. Paix à leur âme, ainsi qu’aux malheureux arbres tronçonnés pour l’occasion.

A côté de ça, on poursuit les envois numériques. Notez que ce n’est pas forcément plus écologique – ben ouais, les serveurs, les datas centers, ça bouffe de l’énergie. Je fais ça bien comme il faut en personnalisant un peu ma lettre en fonction des éditeurs. Jugez plutôt pour Fleuve :

Bonjour,

Je m’appelle Alexandre Leblanc, j’ai vingt-neuf ans et je suis écrivain débutant. J’ai le plaisir de vous soumettre mon manuscrit « Lia », un roman de littérature générale où deux adolescentes de 17 ans prennent la fuite après avoir commis un meurtre.

J’avais précédemment tenté ma chance avec un autre roman, « Desperado », qui ne semble hélas pas avoir passé le barrage des premiers lecteurs chez vous. Cette fois, je le crois, c’est la bonne ! Et inutile de me refourguer un autre code promo pour me faire autoéditer (je plaisante).

Quoi qu’il en soit, je vous remercie d’avoir pris le temps de lire cet email et, le cas échéant, mon manuscrit.

En vous souhaitant une très bonne journée,

Alexandre Leblanc.

Cette petite touche humoristique va-t-elle conquérir le cœur des éditions Fleuve ? Mystère et boule de gomme.

On se revoie au prochain débrief.