Ce qui est intéressant avec les écrivains, au-delà de leur oeuvre et de leur gloire éphémère, c’est le parcours tortueux qu’ils ont accompli pour en arriver là. Certains ont eu plus de facilités que d’autres, certains ont eu plus de chances que d’autres, mais ce qui est sûr, c’est que l’on a tous commencé quelque part, d’obscures histoires scribouillées à l’âge le plus tendre à la composition de récits plus élaborés, où l’on s’essayait au style, à la gaudriole littéraire, en imitant notre auteur préféré du moment à l’aide de mots ampoulés ou au contraire dépouillés de tout superflu.

On perd tout ça avec le numérique, ne serait-ce que parce que les gens écrivent maintenant à l’aide d’un ordinateur. On a plus les brouillons de romans, les corrections qui ont été apportées, les lents allers / retours pour perfectionner l’oeuvre finale ; sauf exception, on a plus les récits forgés dans son enfance, le lent labeur pour développer la maîtrise de son art, parce que nos fichiers ont été perdus ou supprimés, parce que l’on a oublié de les mettre sur une disquette, un CD, sur le cloud, et qu’un incident fatal, inéluctable, vient un jour anéantir toutes ces heures de boulot passées le cul vissé sur sa chaise à pisser des chapelets de mots.

J’ai été très tôt sensibilisé à ce problème puisque quand j’ai commencé à écrire, vers six ou sept ans, j’avais également la fâcheuse tendance à bidouiller tout et n’importe quoi sur le bon vieux Pentium 1 de mes parents, d’où des reboots fréquents et la perte de l’intégralité de mes “historiettes” écrites laborieusement avec deux doigts. J’ai fini par devenir complètement toqué et à sauvegarder tous mes fichiers en double et triple exemplaire, sur disquette, puis CD, puis en m’envoyant des mails, puis en stockant sur un cloud quelconque, ce qui fait qu’outre les trucs écrits à la main depuis perpet’, j’ai également pas mal de vieux machins datés de l’adolescence / pré-adolescence. Et ça, je crois que c’est caviar : rien de mieux pour mesurer le chemin parcouru et se dire qu’on a quand même pelleté pas mal de merde.

Avec ces “nouvieilles” (superbe mot-valise composé de “nouvelles” et “vieilles”) je vous propose donc des documents 100% poussière, remisés au grenier numérique depuis longtemps et que j’ai plaisir à redécouvrir de temps à autre. Je vous autorise à en rire, mais bon pas trop non plus, je vous surveille, hein.

L’adolescence

Quand j’avais 14 / 15 / 16 ans, je suis tombé par hasard sur Les Fourmis de Werber. J’ai trouvé ça vachement cool et j’ai décidé que j’allais m’enquiller tous ses bouquins les uns à la suite des autres, puis j’ai commencé à “écrire pareil que Bernard Werber, parce que les histoires sont stylées et y’a des réflexions profondes sur l’humain, tout ça“. Cette amourette s’est arrêtée en première / terminale littéraire, quand j’ai commencé à bouquiner d’autres choses plus… plus… Enfin, voilà quoi. Mes goûts avaient changé.

Une prison de papier

Soupe primordiale

Recette pour créer une planète

Gravité inversée

La révolte des végétaux

Les envahisseurs

La passion des humains

Fouilles salvifiques

La disette du lycée

La période lycée a été plutôt creuse (les hormones, l’excitation, la débilité, tout ça, une infinité d’autres choses auxquelles penser quoi), donc pas grand-chose à se mettre sous la dent – en tout cas, c’est tout ce que j’ai retrouvé.

Lettrisme

Autopsie textuelle

Le Roi Jaune

Un projet de bouquin à la Candide

Licence, tout feu tout flamme

Après quelques années de rien du tout ou presque, j’ai repris l’écriture en début de licence de lettres. Grâce à la fameuse option “atelier écriture”, je n’ai jamais été aussi prolifique de ma vie. Lorsque je me faisais chier en cours (par exemple en grammaire stylistique), il me suffisait d’une feuille de papier et d’un critérium pour me lancer dans des nouvelles improbables que je m’empressais d’aller présenter à mon professeur d’atelier. Conséquence logique de cette écriture a la mano de petit artisan consciencieux : je n’ai pas beaucoup de nouvelles en format numérique, et j’ai la flemme de scanner mon énorme pochette à brouillons littéraires. Un jour, qui sait.

Le café des illusions perdues

Crépuscule

Tué

L’Aveugle

Carmen

Le Rivage

La Chaise

L’Ecrivain

L’Aigri

L’Escalier